Peuples, langues et minorités
Mosaïque ethnolinguistique
Le Nigeria rassemble environ 250 groupes ethniques et plus de 500 langues vivantes, ce qui en fait l'un des pays les plus divers de la planète sur ce plan. Trois ensembles dominent démographiquement et représentent ensemble plus de 60 % de la population. Selon les données de 2018, les Haoussa comptent pour 25 %, les Yoruba pour 21 % et les Igbo pour 18 %, les Peuls pour 6 % et l'ensemble des autres groupes pour 30 %.
Trois grands ensembles régionaux
Les Haoussa et les Peuls occupent principalement le nord, où les anciens émirats ont laissé une organisation sociale et religieuse encore lisible. Les Yoruba dominent le sud-ouest, région de villes anciennes et de royaumes fortement urbanisés. Les Igbo peuplent le sud-est, marqué par des structures politiques traditionnellement décentralisées et par une forte tradition commerçante et migratoire.
Peuples minoritaires
Entre ces trois pôles vivent des dizaines de peuples que le vocabulaire politique nigérian désigne comme minorités. Le delta du Niger abrite notamment les Ijaw, les Ogoni, les Itsekiri, les Urhobo, les Efik et les Ibibio, dont plusieurs mouvements réclament depuis longtemps une redistribution des revenus pétroliers extraits de leurs terres. La ceinture centrale, ou Middle Belt, regroupe les Tiv, les Idoma, les Nupe, les Berom et bien d'autres. Le nord-est reste marqué par les Kanuri, héritiers de l'empire du Kanem-Bornou.
Langues et communication nationale
L'anglais est la seule langue officielle et sert de langue d'enseignement, d'administration et de justice. Le haoussa, le yoruba et l'igbo bénéficient d'un statut de langues nationales et disposent de médias, de littératures et d'enseignements propres. Le pidgin nigérian, créole à base anglaise, fonctionne comme langue véhiculaire dans les villes et sur les ondes, sans reconnaissance officielle.
Religions et équilibres institutionnels
Les données de 2018 répartissent la population entre 53,5 % de musulmans, majoritairement dans le nord, 45,7 % de chrétiens, majoritairement dans le sud, et une petite fraction de fidèles de religions traditionnelles. 12 États du nord appliquent depuis 2000 une législation pénale d'inspiration islamique à leurs habitants musulmans, aux côtés du droit fédéral. Pour contenir les tensions liées à cette diversité, la Constitution impose le principe du federal character, qui oblige à répartir les responsabilités publiques entre les États et les régions.