Population et indicateurs socio-démographiques

Volume et croissance de la population

Le Nigeria est le pays le plus peuplé d'Afrique. Les estimations pour 2025 situent sa population autour de 237,5 millions d'habitants, avec un rythme de croissance annuel voisin de 2,1 % selon les projections retenues pour 2026. Ces chiffres reposent sur des extrapolations, le dernier recensement général ayant eu lieu en 2006 et ayant dénombré 140,4 millions de personnes. L'absence de nouveau recensement alimente des controverses récurrentes, la répartition des sièges parlementaires et des recettes fédérales dépendant en partie de ces données.

Structure par âge et fécondité

La population nigériane figure parmi les plus jeunes du monde. Les moins de 15 ans en représentent 51,7 %, les 15 à 64 ans 45,0 % et les plus de 65 ans 3,3 % seulement. L'indice synthétique de fécondité s'établissait à 4,48 enfants par femme en 2023, en recul par rapport aux décennies précédentes mais toujours élevé. Les Nations unies projettent une population d'environ 375 millions d'habitants en 2050, ce qui placerait le pays au troisième rang mondial.

Santé et espérance de vie

L'espérance de vie à la naissance reste basse, autour de 52,7 ans, avec un écart faible entre les hommes et les femmes. La mortalité infantile atteint 56,68 décès pour mille naissances vivantes. Ces indicateurs traduisent les difficultés d'accès aux soins, l'inégale répartition des personnels de santé entre le sud et le nord et le poids des maladies infectieuses.

Urbanisation

Environ 54,3 % des Nigérians vivent en ville et le taux d'urbanisation annuel avoisine 3,92 %. Cette croissance rapide concerne surtout Lagos, Abuja, Kano et les villes secondaires du sud, où l'extension des quartiers informels dépasse largement le rythme des équipements publics.

Pauvreté et marché du travail

Selon la Banque mondiale, plus de 60 % des Nigérians vivaient sous le seuil national de pauvreté en 2025. L'institution estime que sept millions de personnes supplémentaires y sont tombées cette année-là, portant la proportion à environ 63 % contre 61 % en 2024. L'inflation alimentaire pèse particulièrement sur les ménages modestes. La Banque mondiale évalue par ailleurs à 3,5 millions le nombre de personnes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, ce qui constitue l'un des principaux défis de la période.