Hymne du Nigeria

Hymne en vigueur

L'hymne national du Nigeria s'intitule Nigeria, We Hail Thee, dont le premier vers, Nigeria, we hail thee, our own dear native land, ouvre un texte de trois strophes. Les paroles sont dues à Lillian Jean Williams, une Britannique installée dans le pays à la fin de la période coloniale. La musique a été composée par Frances Benda, nom de plume de Mrs Charles Kernot. Ce chant fut adopté le 1er octobre 1960, jour de l'indépendance.

Parenthèse de 1978

Le régime militaire écarta cet hymne en 1978 au profit d'Arise, O Compatriots, dont le texte résultait d'un concours national et dont la musique fut confiée à un orchestre de la police fédérale. Les autorités de l'époque reprochaient au chant de 1960 son origine étrangère et un vocabulaire jugé daté. Arise, O Compatriots accompagna la vie publique nigériane pendant 46 ans, sous les régimes militaires successifs comme sous la Quatrième République.

Rétablissement de 2024

L'Assemblée nationale a voté au printemps 2024 un texte rétablissant l'hymne originel. Le président Bola Tinubu l'a promulgué et l'hymne Nigeria, We Hail Thee est redevenu officiel le 29 mai 2024, date anniversaire de son investiture. Le changement fut mis en œuvre très rapidement dans les écoles, les administrations et les cérémonies publiques.

Débats suscités par la restauration

Cette décision a nourri une controverse dans le débat public nigérian. L'ancienne ministre de l'Éducation Oby Ezekwesili a critiqué un vocabulaire qu'elle juge péjoratif, en particulier les mentions de native land et de tribes, héritées du regard colonial. Plusieurs commentateurs ont relevé la rapidité de la procédure parlementaire et l'absence de consultation publique préalable. La militante Aisha Yesufu a fait savoir publiquement qu'elle refusait de chanter le texte rétabli. D'autres voix ont estimé que la priorité donnée à cette question s'accordait mal avec l'ampleur des difficultés économiques et sécuritaires du moment.

Place dans la vie collective

L'hymne est exécuté lors des cérémonies officielles, à l'ouverture des sessions parlementaires, dans les établissements scolaires et avant les rencontres sportives internationales. Il accompagne également le serment national, une formule d'allégeance récitée par les élèves. La législation fédérale sur les symboles nationaux encadre son interprétation et son usage.