Libertés publiques au Nigeria
Cadre général
La Constitution de 1999 garantit la liberté d'expression, de réunion, d'association et de religion. Les organisations internationales de défense des droits humains relèvent toutefois un écart entre ces garanties et les pratiques observées. Freedom House classe le Nigeria dans la catégorie des pays partiellement libres depuis le retour au régime civil en 1999, avec des scores de droits politiques et de libertés civiles restés stables sur la période.
Situation des médias
La presse nigériane est nombreuse et souvent critique, mais Reporters sans frontières situait le pays au 122e rang sur 180 dans son classement de 2025, contre le 115e rang en 2020. L'organisation évoque des cas d'homicides, de détentions et de violences visant des journalistes, ainsi qu'un rétrécissement de l'espace civique. Plusieurs organisations professionnelles signalent l'usage de la loi de 2015 sur la cybercriminalité pour poursuivre des journalistes et des internautes à la suite de publications critiques.
Manifestations et forces de l'ordre
Le mouvement EndSARS d'octobre 2020, dirigé contre les exactions d'une unité de police, la Special Anti-Robbery Squad, a marqué durablement le débat public. Après la dispersion violente du rassemblement du péage de Lekki à Lagos, Amnesty International a fait état d'au moins 12 morts, alors que les autorités n'en reconnaissaient initialement que deux. Le secrétaire général des Nations unies António Guterres a critiqué la gestion de cette séquence. En décembre 2020, le gouvernement dénombrait 51 civils, 11 policiers et sept militaires tués dans l'ensemble des troubles. L'unité mise en cause a été dissoute en octobre 2020 et des poursuites ont été annoncées contre d'anciens membres.
Religion et lois sur le blasphème
12 États du nord appliquent depuis 2000 une législation pénale d'inspiration islamique, qui prévoit des peines contestées au regard des standards internationaux. Les Nations unies ont demandé en juillet 2020 la libération du défenseur des droits humains Mubarak Bala, détenu sans inculpation pour des accusations de blasphème. En septembre 2020, le chanteur Yahaya Sharif-Aminu a été condamné à mort pour un morceau jugé blasphématoire. Des organisations signalent par ailleurs des difficultés d'obtention de terrains pour les lieux de culte minoritaires, dans le nord comme dans le sud.
Orientation sexuelle
La loi de 2014 interdisant le mariage entre personnes de même sexe punit les relations homosexuelles de 14 ans de prison et sanctionne également la participation à des associations ou la promotion des droits des personnes concernées.