Emploi et travail au Nigeria

Marché du travail

La Banque mondiale évalue à 3,5 millions le nombre de personnes qui arrivent chaque année sur le marché du travail nigérian, conséquence directe d'une population dont 51,7 % a moins de 15 ans. La création d'emplois formels reste très inférieure à ce flux, ce que l'institution identifie comme l'un des principaux obstacles au recul de la pauvreté, laquelle touchait plus de 60 % de la population en 2025.

Mesure du chômage

Le Bureau national de statistique a modifié en 2023 sa méthode de calcul pour l'aligner sur les recommandations de l'Organisation internationale du travail. Toute personne ayant travaillé au moins une heure au cours de la semaine de référence est désormais considérée comme occupée, ce qui a fait chuter le taux de chômage publié à des niveaux très bas, autour de 5 % selon les estimations récentes. Ce chiffre décrit mal la réalité des revenus, le sous-emploi et la faible productivité constituant les enjeux véritables.

Poids du secteur informel

La très grande majorité des emplois relève du secteur informel, dans le commerce de détail, l'agriculture vivrière, l'artisanat et les transports, selon les enquêtes du Bureau national de statistique. Ces activités échappent largement à la protection sociale, au droit du travail et à la fiscalité. Le salariat formel se concentre dans l'administration, les hydrocarbures, la banque, les télécommunications et quelques grands groupes industriels.

Salaires et relations professionnelles

Le salaire minimum national a été porté à 70 000 nairas par mois avec effet au 1er mai 2024, après une négociation prolongée avec les centrales syndicales. Ce montant a perdu une part importante de sa valeur en devises depuis la dépréciation du naira. Le Congrès du travail nigérian et le Congrès des syndicats constituent les deux principales confédérations et disposent d'une capacité de mobilisation nationale. Le contentieux collectif relève d'une juridiction spécialisée, la National Industrial Court.

Emploi des étrangers

Un employeur souhaitant recruter des salariés non nigérians doit obtenir un quota d'expatriés, attribué poste par poste par le ministère de l'Intérieur en fonction de l'activité et du capital de la société. Le salarié concerné reçoit ensuite un permis combiné de résidence et de travail, désigné par le sigle CERPAC, renouvelable annuellement. La réglementation impose la formation de personnels nigérians appelés à occuper à terme les fonctions concernées.

Émigration des qualifications

Le départ de professionnels de santé, d'ingénieurs et de spécialistes des technologies vers l'Amérique du Nord, l'Europe et le Golfe, phénomène désigné localement par le terme japa, prive plusieurs secteurs de compétences, tout en alimentant des transferts de fonds considérables vers les ménages.