Economie du Nigeria
Poids et dynamique de l'économie
Le Nigeria compte parmi les deux premières économies du continent africain, avec un produit intérieur brut nominal évalué à 285 milliards de dollars pour 2025. La Banque mondiale a mesuré une croissance de 4 % en 2025, portée par les services, en particulier les télécommunications, la finance et l'immobilier, ainsi que par l'agriculture et la construction. Les services représentaient 55,9 % du produit intérieur brut en 2025 et l'agriculture 28,7 %.
Réformes engagées depuis 2023
Deux décisions ont bouleversé le cadre macroéconomique. La subvention aux carburants, qui pesait lourdement sur les finances publiques, a été supprimée à partir du 29 mai 2023, provoquant un triplement immédiat des prix à la pompe. Le 14 juin 2023, la Banque centrale a abandonné l'ancrage du naira et unifié les taux de change, la monnaie perdant 23 % en une seule journée pour atteindre 600 nairas par dollar, puis 853 nairas en juillet 2023. Ces mesures ont assaini les comptes publics tout en alimentant une forte poussée des prix.
Inflation et conditions monétaires
L'inflation a culminé à 33,2 % en 2024 avant de refluer à 23,0 % en 2025 selon la Banque mondiale, sous l'effet d'un resserrement monétaire prononcé et d'une meilleure production agricole. La volatilité du change s'est nettement réduite et les réserves de change ont progressé jusqu'à 45,5 milliards de dollars, tandis que le compte courant dégageait un excédent de 4,8 % du produit intérieur brut.
Place des hydrocarbures
Le pétrole ne représente plus qu'environ 9 % du produit intérieur brut mais fournit encore près des deux tiers des recettes de l'État, ce qui expose le budget aux variations des cours mondiaux. L'entrée en service de la raffinerie de Dangote, sur la presqu'île de Lekki, à partir de septembre 2024, avec une capacité de 650 000 barils par jour, modifie la structure des échanges en réduisant la dépendance aux importations de carburants raffinés.
Coût social de l'ajustement
Les recettes fiscales augmentent pour la cinquième année consécutive, portées par les prélèvements non pétroliers, mais le service de la dette reste élevé. Plus de 60 % des Nigérians vivaient sous le seuil national de pauvreté en 2025 et 7 millions de personnes supplémentaires y sont tombées cette année-là selon la Banque mondiale. La création d'emplois demeure insuffisante face aux 3,5 millions d'arrivées annuelles sur le marché du travail.